Sur ma coiffeuse, je les aperçois
Ces maudites lames de rasoir.
Je n'ai plus aucune confiance en moi
Et je ne veux plus rien savoir.
Seulement les prendre, m'allonger sur mon lit.
Je veux les sentir me trancher les veines
Afin de me délivrer et de m'emmener loin d'ici,
Très loin, la où ne pourra m'atteindre la peine.
J'ai en marre d'entendre toutes ces horreurs,
Tellement marre de tout ce qu'on me dit !
Marre d'avoir toujours aussi peur
Et surtout marre de ma putain de vie !
Après tout, ma vie, à quoi sert-elle ?
Je ne la mérite sans doute pas.
Je voulais la rendre heureuse, mais je ne suis pas celle
Qui repose au creux de ses bras.
Je n'ai jamais été et je ne serais jamais.
Je n'ai apporté que la misère autour de moi.
Je vous en prie, laissez-moi rejoindre la paix.
Je sais à présent que je ferais jamais le poids.
J'essaye en vain de me dire que je peux être forte,
Mais non, je suis trop lâche, je ne suis rien.
Il faudrait peut-être mieux que je sois morte.
Avec moi, ma famille ne sera jamais bien.
Je suis celle qui est en trop,
Celle qui n'aurait jamais du naitre,
La tâche d'ombre sur le tableau.
C'est le bon moment, je suis prête.
Après tout, ça ne doit pas être si douleureux.
Il suffit d'un coup sec sur mes veines avec ce bête rasoir,
Je partirais et mes parents seraient enfin heureux.
Enfin ils pourraient rire, chanter, connaître l'espoir,
Mais je n'y arrive pas, c'est bien trop dur.
Si seulement j'avais un peu de courage !
Sans moi, ils trouveraient enfin le bonheur, c'est sur,
Mais même pour leur accorder cette chance, je suis trop lâche !
Je n'arriverai sans doute jamais à me suicider.
Pourtant, si vous saviez combien je veux en finir,
Mais je devrais encore longtemps suivre ce destin damné
Avec pour unique arme, ce faux sourire...